La collégialité est devenue, dans bien des organisations, une grammaire commode. Elle rassure. Elle protège. Elle lisse. Mais elle ne gouverne pas !
Une décision qui n’engage personne n’est pas une décision. C’est une formulation. Peut-être pire, une incantation…
Car gouverner suppose qu’une responsabilité soit nommée, assumée, exposée. Non pour désigner un coupable, mais pour incarner un choix réel, donc opposable.
Lorsque la responsabilité individuelle se dissout dans le collectif, la gouvernance se vide de sa substance. Elle se replie alors sur la procédure, la technique. Elle se réfugie dans le consensus – mou de préférence. Elle renonce à trancher car, oui, « trancher » fait généralement mal…
Dit autrement, la collégialité est un outil de délibération. Elle n’a jamais été un principe de défausse. Les organisations solides savent débattre. Elles savent surtout décider — et savoir qui décide !
Le reste n’est que de la cosmétique.
Je sais cela, je fais cela.
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