Ancien colonel d’infanterie, cette phrase ne m’est pas théorique : « Vous êtes responsables de la mort que je donne. Vous êtes responsables de la mort que chacun de vos soldats va donner. » — François Lecointre, entretien avec Le Point, à partir de 24 min 54 s.
Elle dit une chose simple : le chef porte les conséquences de ce que produit son organisation.
Sur le terrain, c’est immédiat. En entreprise, c’est moins visible. Mais c’est la même mécanique.
Un accident révèle d’abord une défaillance du système, pas seulement une erreur individuelle.
Un défaut qualité n’est jamais « un aléa ».
Une dérive de production n’est jamais « la faute du terrain ».
C’est toujours une question de cadre, de priorités et donc de pilotage.
Le rôle du manager n’est pas que de répartir. C’est d’engager. Concrètement :
fixer une intention claire (sécurité, qualité, délais);
structurer les standards et les moyens;
donner de l’autonomie dans l’exécution;
contrôler (on l’oublie hélas souvent…);
et assumer intégralement les résultats produits.
Dire « mon équipe n’a pas suivi » est un signal faible. Un manager qui n’assume pas les résultats de son organisation n’est pas un manager.
C’est un répartiteur de tâches. Et ça les machines savent le faire.
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