Un manager a reçu plusieurs candidats. Les parcours sont solides et il lui revient de choisir. À ce moment précis, une facilité de lecture peut peser davantage dans sa décision qu’il ne l’imagine.
Un candidat décrit son expérience de la planification d’opérations complexes. Il explique comment il analysait un environnement instable, élaborait des scénarios et ordonnait les actions dans le temps. Le manager entend les mots. Il lui reste à comprendre ce que cette expérience permettrait de faire dans son entreprise.
Le candidat suivant décrit un parcours plus classique dans un langage familier. Le manager se représente aussitôt les missions qu’il pourrait lui confier. Sous contrainte de temps, cette facilité de projection peut suffire à emporter son choix.
Aucun des deux récits ne dit, à lui seul, lequel des candidats ferait le meilleur travail. Pourtant, le second a déjà bénéficié d’un avantage décisif. Le premier a dû démontrer sa compétence et la traduire. Le second a pu se contenter de la décrire.
À force de choisir ce que l’on comprend, on finit par ne recruter que ce que l’on connaît déjà.
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