Le « management toxique » est devenu, sur LinkedIn, une catégorie fourre-tout. Qu’il existe, personne de sérieux n’en doute. Managers humiliants, pression délibérée, disqualification personnelle : oui, cela existe hélas— et doit être dénoncé et combattu.

Mais à force d’élargir sans cesse la notion, on en vient à qualifier de « toxique » ce qui relève simplement de la fonction managériale elle-même !

Dire : « je ne suis pas satisfait de ton travail » — quand c’est argumenté — n’est pas toxique. Dire encore : « tu arrives trop souvent en retard » — quand c’est factuel — n’est absolument pas toxique.

Fixer des objectifs, évaluer des résultats, signaler des écarts, rappeler des règles : ce n’est pas une dérive autoritaire. C’est le cœur du rôle. La confusion actuelle est préoccupante, car elle produit un double effet silencieux.

D’un côté, elle banalise les véritables situations toxiques en les diluant dans l’ordinaire. De l’autre, elle installe l’idée que toute exigence vécue comme inconfortable serait, par nature, illégitime.

Un collectif où toute forme de contrainte est vécue comme une violence n’est pas plus humain, il est tout simplement ingouvernable. Si changer de manager face à une vraie toxicité est nécessaire ; le faire pour éviter l’exigence ressemble à une démission professionnelle, non ?


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