« Nous ne pouvions pas l’anticiper. »

C’est parfois vrai, souvent faux, jamais confortable.

Les crises ne surgissent pas. Elles s’installent. Le plus souvent insidieusement. Un signal faible ignoré, un arbitrage repoussé, un risque connu et finalement toléré ou encore, une décision difficile évitée.

Ce qui finalement fragilise une organisation n’est pas l’erreur initiale, mais la répétition des non-décisions, des non-choix. D’aucuns diraient « des fautes ».

Gouverner, c’est décider tant que c’est encore possible, même sous la contrainte. Attendre, c’est confier son sort aux aléas…en priant pour que le réel ne tranche pas défavorablement.

Les signaux faibles sont presque toujours là. Le courage d’en tirer des décisions est une autre affaire…

Car anticiper n’est pas prédire. Anticiper, c’est à la fois, choisir, décider, assumer et expliquer !

Pour le dire autrement, les crises ne tombent que rarement du ciel. Elles naissent dans le silence -parfois coupable- des renoncements successifs.

Le reste n’est que récit a posteriori.

Je sais cela, je fais cela.


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