
Il est des lieux où l’on tranche en trente secondes, avec la précision d’un scalpel (je viens de ce monde là)…Et d’autres où trois réunions sont nécessaires pour décider de la couleur d’un post-it.
Dans les premiers, le réel, toujours cru, souvent abrupt, parfois cruel, impose sa loi. Dans les seconds, on se rassure à coups de comités, de « rétroplannings » et de postures convenues. On parle de stratégie sans vraiment maîtriser ce mot, mais on redoute le moindre choix. On valorise le consensus (mou de préférence), mais l’on fuit la responsabilité comme une maladie honteuse.
J’avoue ma perplexité —j’allais dire ma consternation— face à cette valse (à mille temps) managériale où chacun feint de contribuer à l’œuvre collective…tout en veillant à ne surtout rien risquer. Le courage (du temps de paix) y est inversement proportionnel au nombre de « slides ».
« Trop vite », « trop direct », « trop abrupt. » me direz-vous ?
Je réponds : Il y a des contextes où l’hésitation coûte plus cher que l’erreur. J’ai quitté il n’y a pas si longtemps, un métier où l’incertitude est un élément (cardinal) de la prise de décision.
À force de vouloir ménager toutes les sensibilités, on finit par neutraliser toute décision. Et l’on veut se persuader que la procrastination, la réunion supplémentaire, sera libératrice.
Vous y croyez, vous ?
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