« La nation est un plébiscite de tous les jours. » — Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? (1882).
Si, comme moi, vous faites vôtre cette magnifique phrase de Renan, il devient indispensable de s’interroger sur les liens entre patriotisme et civisme.
Patriotisme sans civisme ? Une posture creuse. Que dire du civisme sans sentiment d’appartenance ? Il peut demeurer une pratique respectable, mais sa portée collective mérite réflexion. À mes yeux, l’un et l’autre se renforcent.
On s’en remet trop souvent aux grandes déclarations : « aimer la République », « défendre les valeurs », « être un bon citoyen ». Très bien, mais terriblement insuffisant. Qu’est-ce qu’un citoyen sans loyauté envers la communauté politique à laquelle il appartient ? Que vaut un patriote qui n’honore pas ses devoirs quotidiens envers les autres ?
Le civisme, ce n’est pas seulement trier ses déchets ou voter à chaque échéance électorale. C’est tenir debout dans la cité, respecter les règles, défendre l’ordre commun, même quand c’est inconfortable.
Le patriotisme, ce n’est pas brandir un drapeau une fois par an ou s’enflammer pour un discours. C’est porter sa nation en soi, dans le silence de l’exemplarité, dans la constance de l’engagement.
Dans une époque où la défiance peut devenir un réflexe, où chacun revendique, mais où l’engagement concret paraît parfois plus rare, l’alliance du civisme et du patriotisme constitue une exigence forte.
On ne bâtit rien de durable sans colonne vertébrale morale. Cette colonne a, pour moi, un nom : citoyen vigilant.
En savoir plus sur Décider dans le réel
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Ouvrir la discussion
Vous pouvez ouvrir la discussion.